mar. Oct 26th, 2021

Plus de 22 hôpitaux en France, ont fermé des services d’urgence ou des SMUR pour une nuit ou pour plusieurs jours.

Ces fermetures sont attribuées au manque de médecins et à la désertification médicale. Il est peu probable qu’ils inversent la tendance.

“Six jours fermés en juillet et août. C’est la première fois.  » Le bilan estival que dresse Gilles Noël, maire de Varzi, dans la Nièvre, après l’ouverture d’une salle d’urgence à l’hôpital voisin de Clamecy est alarmant. « Ce n’est pas un signe positif pour le territoire… Entre les campagnes de vaccination, les vacances ou les absences des médecins, et les coûts importants de l’embauche d’intérimaires, ces secouristes ont parfois des problèmes.

L’ARS Bourgogne Franche Comté rapporte : « Cet été, il n’a pas été possible de mobiliser les moyens médicaux des urgentistes de l’hôpital d’Auxerre, alors débordés et pleinement mobilisés pour prévenir une urgence sur son territoire.

De plus en plus d’enregistrement et d’alerte

Les urgences de Clamecy ne sont pas les seules dont nous avons été touchés, avec le soutien de l’équipe Interventions, plusieurs services d’urgence ont été contraints de baisser le rideau cet été ou dans la nuit ou plusieurs jours plus tard.

Le groupe a également alerté dans un communiqué d’un « nombre record et alarmant » de fermetures cet été, qui était régulièrement annoncé depuis plusieurs années dans les bureaux de village. Le groupe conclut : « Ne laissons pas la crise sanitaire du Covid masquer des défauts structurels dans la prestation des soins de santé.

En Sarthe et en Mayenne, certains hôpitaux ont été fermés plusieurs jours ou toute la nuit. Dominique Dumot, maire de Fersersart et vice-président de l’AMRF, a déploré : « C’est le cas depuis plusieurs années maintenant. Il n’y a pas de services d’urgence dans de nombreuses parties de la région. »

La fermeture fait également peser une lourde charge sur les pompiers volontaires, qui doivent voyager beaucoup plus longtemps pour atteindre des urgences facilement accessibles et donc moins accessibles, sans parler des grands hôpitaux, et doivent admettre de nouveaux patients sans forcément augmenter leurs ressources… « La volonté de l’ARS est de garder toutes les lignes d’urgence ouvertes, mais quand les médecins manquent, il faut trouver une organisation », explique Thierry Le Guin, médecin ARS PaysdelaLoire.

Conséquences de la désertification médicale

Dominique Dhumeaux considère qu’il s’agit d’une conséquence de la désertification médicale : « Il n’y a plus de médecins.

Quatre personnes partent quand deux arrivent et les urgences sont submergées par les pénuries de médicaments.

De plus les médecins locaux, les ambulances et le nombre de médecins généralistes devrait continuer à baisser dans les prochaines années, au moins jusqu’en 2025.

La survie des services d’urgence en jeu

En février 2021, le géographe Emmanuel Vigneron réalise une étude sur le temps d’accès d’urgence pour l’AMRF.

Selon ses calculs, la majeure partie de la population française se trouve à plus de 30 minutes.

Six millions de Français parmi les plus éloignés vivent dans des communes rurales : beaucoup dans des communes peu ou très peu peuplées vivent à plus de 30 minutes des urgences.

Étant donné que certains services d’urgence pourraient fermer, Emmanuelle Vigneron prédit encore que les inégalités vont s’aggraver : d’ici 2025, plus de 3% de la population sera à plus de 30 minutes des services d’urgence tandis que près de 3% seront à plus de 45 minutes.

Quelles sont les solutions envisageables ?

Plusieurs solutions ont été trouvées pour ces fermetures, qui fragilisent davantage les zones rurales.

L’ARS PaysdelaLoire a pu tester pendant plusieurs mois avec une équipe ambulancière d’infirmières et d’ambulanciers qui sont intervenus plus rapidement que le SMUR et ont pu prodiguer les premiers secours.

Thierry Le Guen déclare : « La situation est très difficile, mais le chemin est encore long avant qu’une solution ne soit trouvée.

« Les solutions ne peuvent se trouver que dans un dialogue au plus près du territoire.

Dominique Dhumeaux de l’AMRF est plus pessimiste et pense que rien ne pourra pallier cette désertification à court terme et que « ce n’est pas la télémédecine qui remplacera les urgences pour des accidents graves de la circulation ».

By Emna